
En 2021, les chercheurs Bonoua Faye et Guoming Du publient dans la revue Land une étude sur l’évolution de l’occupation des terres dans le « bassin arachidier » du Sénégal entre 2009 et 2018. Leurs images satellites et données statistiques révèlent une forte extension des terres agricoles (+14,5 %) au détriment des pâturages naturels (environ –11 %), tandis que l’urbanisation ne progresse que faiblement (+2,8 %). Cette transition des terres, concentrée dans le centre-ouest du Sénégal, met en lumière les défis majeurs auxquels l'agriculture extensive est confrontée face à la croissance démographique et à la pression urbaine modérée. Les auteurs appellent à une meilleure planification territoriale pour préserver un équilibre durable entre terres cultivées et écosystèmes. [1]
Un terroir agricole sous la loupe des chercheurs
Situé au cœur du Sénégal, le bassin arachidier (ou « Groundnut Basin ») est la principale région agricole du pays. Il s’étend sur cinq régions administratives (Diourbel, Thiès, Kaolack, Fatick, Kaffrine) qui concentrent l’essentiel des terres arables nationales. D’après les données officielles, cette zone représente 70 % des terres cultivables du pays et abritait environ 6,4 millions d’habitants en 2013, soit une densité rurale élevée. Le paysage y est dominé par une mosaïque de champs d’arachide, de mil, de maïs et d’autres cultures vivrières, alternant avec des jachères et pâturages de savane clairsemée. Les exploitations pratiquent généralement des rotations céréales-légumineuses traditionnelles, reflet d’une agriculture extensive peu mécanisée. [1]
Pour analyser les transformations de ce territoire agricole sur la dernière décennie, Faye et Du ont exploité une combinaison de données satellitaires et socio-économiques. Quatre images de télédétection MODIS (NASA/USGS) fournissent des classifications d’occupation du sol en 2009, 2012, 2015 et 2018, distinguant les terres cultivées, les zones de végétation naturelle (savanes herbeuses), les superficies artificialisées (urbaines) et les zones humides permanentes.
Ces données géospatiales ont été croisées avec les statistiques nationales de l’Agence sénégalaise de la statistique (ANSD) pour la démographie rurale, ainsi qu’avec les indicateurs agricoles de la Banque mondiale et de la FAO (production, usage d’engrais) pour contextualiser les changements observés. Cette approche globale permet de quantifier l’évolution des usages du sol sur 34 964 km², la surface totale étudiée, et d’en dégager les grandes tendances (voir graphique 1 ci-dessous). [1][2][3][4][5]

Figure 1 : Superficie des principales classes d’occupation du sol dans le bassin arachidier (2009–2018, en km²) [1]
Comme le montre la figure 1, les terres cultivées et les pâturages naturels forment l’écrasante majorité de l’occupation du sol dans le bassin arachidier. En 2009, les cultures (principalement d’arachide et de céréales) couvraient environ 14 570 km², tandis que les étendues herbeuses de brousse et de jachère en occupaient encore 18 656 km². Les zones urbaines représentaient une part infime (172 km² seulement en 2009, soit 0,5 % de la superficie) concentrée autour des villes régionales. Cette situation de départ illustre un système agraire extensif où l’espace rural est largement prédominant par rapport aux poches urbaines. [1]
Les terres cultivées s’étendent, la savane recule
Entre 2009 et 2018, le bassin arachidier a connu une remarquable progression des surfaces agricoles, essentiellement aux dépens de la végétation naturelle. D’après Faye et Du, la superficie consacrée aux cultures est passée de 14 569 km² à 16 687 km², soit un gain net d’environ 2 118 km² en neuf ans. Cela correspond à une augmentation relative de +14,5 % des terres cultivées sur la période.
Symétriquement, les pâturages et savanes ont diminué d’environ –11,2 %, leur étendue tombant de 18 656 km² à 16 566 km² sur la même période. Cette transformation s’est surtout produite aux marges des champs existants, par conversion graduelle des jachères et brousses en nouvelles parcelles de culture. En 2018, pour la première fois, les surfaces cultivées ont même légèrement surpassé en extension les pâturages naturels (16 687 km² contre 16 566 km²), signe d’un basculement du paysage rural vers l’agriculture intensive en espace. [1]
Les chercheurs soulignent que le rythme d’expansion agricole a varié selon les sous-périodes. Entre 2009 et 2012, une période de bonnes récoltes, les terres cultivées se sont accrues de 6,7 % – soit près de 1 000 km² gagnés sur la savane, notamment grâce à un essor de la culture d’arachide soutenu par de bons rendements pluviométriques et une reprise des investissements agricoles. Entre 2012 et 2015, l’extension agraire a marqué le pas (+2,4 %) sous l’effet de conditions climatiques moins favorables et de la stagnation des rendements.
Enfin, de 2015 à 2018, on observe un rebond (+4,9 %) avec plus de 770 km² de nouvelles mises en culture. Au total, la tendance reste à la hausse, ce qui conduit les auteurs à calculer un indice dynamique de 1,45 sur la décennie. Autrement dit, si ce rythme se maintenait, la superficie cultivée du bassin arachidier pourrait doubler en environ 20 ans (horizon 2028). Cette perspective interroge sur la soutenabilité d’une telle extension, qui ne pourra indéfiniment se faire aux dépens des dernières zones naturelles. [1]
Du côté des pâturages, la réduction de superficie s’est accompagnée de changements d’usage internes. L’étude indique qu’une partie des terres en savane a été reconvertie non seulement en champs cultivés, mais aussi en étendues d’eau et zones humides dans les secteurs bas (plus de 15 km² de savane inondée ou urbanisée entre 2009 et 2012). Inversement, à la fin de la période, certains marécages se sont asséchés et retransformés en végétation herbacée (près de 11 km² de zones humides reconverties en prairie entre 2015 et 2018).
Ces échanges dynamiques montrent une évolution complexe des milieux naturels, tributaires des variations climatiques d’une année sur l’autre. Néanmoins, la tendance dominante reste une diminution du couvert végétal de savane, corrélée à l’expansion des terres agricoles. [1]
Une urbanisation modérée, sauf autour de Thiès
Malgré l’importance de l’augmentation de la population rurale dans le bassin arachidier, l’emprise urbaine est restée étonnamment stable sur la décennie étudiée. En 2009, les zones bâties (villages, bourgs et villes) couvraient 172,5 km². En 2018, elles atteignent 177,3 km². Cette hausse de seulement 4,8 km² correspond à une croissance de +2,8 % de la superficie urbanisée en neuf ans – un taux bien inférieur à celui de l’expansion agricole. Autrement dit, l’urbanisation n’a contribué que très marginalement aux changements d’usage des terres du bassin arachidier sur la période récente. L’étude indique qu’aucune emprise urbaine significative ne vient, à ce jour, concurrencer les terres cultivées, à l’exception notable de la périphérie de Thiès. [1]
En effet, c’est dans la région de Thiès (à l’extrémité ouest du bassin arachidier, à proximité de Dakar) que l’on observe la principale dynamique d’urbanisation. Entre 2009 et 2018, les zones bâties de Thiès se sont étendues d’environ 4,0 km², passant de ~50,7 à ~54,7 km² (+7,9 %). Cette croissance urbaine, portée par l’essor des villes de Thiès et M’bour, explique à elle seule la quasi-totalité de l’augmentation de surface bâtie dans le bassin arachidier.
Ailleurs, l’empreinte urbaine est restée quasiment inchangée. La région de Diourbel n’enregistre qu’une légère augmentation de +0,9 % de ses superficies urbaines, et Fatick +0,8 % – soit à peine quelques hectares gagnés, ce qui correspond à la croissance naturelle de bourgs ruraux existants. Dans les régions de Kaolack et Kaffrine, la surface bâtie a même légèrement diminué (−0,17 % et −0,61 % respectivement sur la période).
Ce paradoxe s’explique par des phénomènes de dépeuplement local : dans certaines zones, des villages se sont vidés et les habitations abandonnées ont été reconquises par la brousse ou converties en champs. Par exemple, d’anciennes localités habitées de Kaolack et Kaffrine ont été laissées à l’abandon, retournant à l’état de jachère. Ainsi, hors du pôle urbain de Thiès, l’espace rural du bassin arachidier demeure largement dominant et l’urbanisation n’exerce pas encore de pression majeure sur les terres agricoles. [1]
Kaffrine en tête de l’essor agricole régional
L’analyse fine par région administrative montre que l’expansion des terres cultivées n’est pas uniforme dans tout le bassin arachidier. La région de Kaffrine se distingue nettement : elle a enregistré la plus forte progression de surface agricole sur 2009–2018, avec +1 337,9 km² gagnés, soit +22,8 % par rapport à 2009. Créée en 2008, la jeune région de Kaffrine (issue d’un démembrement de Kaolack) confirme son rôle de nouveau foyer agricole du Sénégal, bénéficiant d’importants programmes de valorisation des terres.
Diourbel arrive en seconde position avec une augmentation de +19,5 % des terres cultivées, malgré un départ plus lent (Diourbel avait même connu une légère régression de ses superficies cultivées entre 2009 et 2012, avant de rattraper puis dépasser son niveau initial). Viennent ensuite Fatick (+9,7 %), puis loin derrière Kaolack (+3,8 %) et Thiès (+2,5 %), où les surfaces agricoles stagnent quasiment. Le graphique de la figure 2 ci-dessous récapitule ces évolutions régionales des terres cultivées entre 2009 et 2018. [1]

Figure 2 : Évolution de la superficie cultivée par région dans le bassin arachidier (2009–2018) [1]
Kaffrine apparaît donc comme la région où la pression agricole sur le foncier a été la plus intense durant la décennie, avec plus de 1 300 km² de savane convertis en champs. Cette explosion des cultures à Kaffrine s’explique par plusieurs facteurs : de bonnes pluviométries enregistrées sur la période, un recours accru aux engrais et semences améliorées par les agriculteurs locaux, ainsi que des investissements publics (programme national de « retour vers l’agriculture ») ayant encouragé la mise en culture de terres en jachère.
Diourbel, de son côté, malgré un démarrage en demi-teinte, affiche également une forte croissance des superficies cultivées (+19,5 %). La région, qui abrite la ville de Touba et une importante communauté rurale, a bénéficié d’un surcroît de défrichements agricoles en seconde partie de la période, après 2012, une fois la baisse initiale résorbée.
Fatick enregistre une progression plus modeste (+9,7 %), tandis que Kaolack – pourtant région historique de l’arachide – semble proche de la saturation agricole (+3,8 %). Enfin, Thiès ferme la marche (+2,5 %), confirmant son profil plus urbanisé et diversifié où l’agriculture occupe relativement moins d’espace. [1]

Figure 3 : Variation relative par région et évolution dans le bassin arachidier (2009–2018) [1]
En parallèle, les données révèlent que ce sont aussi Kaffrine et Diourbel qui ont subi les plus fortes diminutions de pâturages. La superficie de savane a chuté respectivement de –24,8 % et –18,7 % sur 2009–2018, conséquence directe de l’extension des champs. Kaolack a perdu environ 7,3 % de ses étendues naturelles. Fatick a connu une baisse moins marquée (quelques pourcents seulement), grâce à la préservation de zones humides dans le delta du Saloum.
Quant à Thiès, elle fait figure d’exception : la couverture en savane y est restée quasi stable (+0,1 %), l’augmentation marginale de végétation naturelle pouvant s’expliquer par la reconversion de certaines rizières ou zones humides en pâturages en fin de période. En somme, les régions au profil le plus rural (Kaffrine, Diourbel) ont vu leurs paysages se transformer rapidement en faveur de l’agriculture intensive en superficie, tandis que les régions déjà plus diversifiées ou urbanisées (Thiès, Kaolack) ont connu des changements plus modérés. [1]
Préserver l’équilibre entre agriculture et paysage rural
L’étude de Faye et Du met en évidence une agriculture sénégalaise en pleine expansion spatiale, tirant parti des terres disponibles dans le bassin arachidier pour accroître les cultures. Ce modèle extensif a permis d’augmenter la production, mais il montre désormais ses limites. La pression foncière s’accentue : la frontière entre champs et savane recule d’année en année, faisant craindre à terme un épuisement des réserves de terres vierges.
Les auteurs soulignent que cette dynamique n’est pas soutenable sans accompagnement. Ils recommandent des mesures de planification de l’usage des terres et une réflexion juridique sur le statut du foncier rural, afin d’éviter une appropriation anarchique des derniers espaces naturels. L’objectif serait de concilier la nécessaire augmentation des rendements agricoles avec la préservation des écosystèmes pastoraux et forestiers qui jouent un rôle crucial (pâturage du bétail, biodiversité, régulation du climat).
Par ailleurs, l’étude rappelle que l’urbanisation limitée observée jusqu’ici ne doit pas faire oublier les défis à venir. Si les villes du bassin arachidier (hors Thiès) sont restées de petite taille en 2018, la croissance démographique pourrait accélérer l’exode rural vers les centres urbains dans les prochaines décennies. Une telle évolution augmenterait la demande en terres pour le logement et les infrastructures, potentiellement au détriment des terres agricoles.
Les auteurs invitent donc les pouvoirs publics à anticiper l’occupation future du sol, en orientant l’urbanisation vers des zones appropriées et en protégeant les terres à haute valeur agricole.
En outre, ils préconisent de moderniser les pratiques agricoles pour améliorer les rendements sans avoir besoin d’étendre continuellement les surfaces cultivées. L’introduction de nouvelles techniques culturales, la gestion durable des sols et l’irrigation maîtrisée sont autant de pistes pour intensifier l’agriculture sans accroître l’emprise au sol. [1][4][5]
En conclusion, la décennie 2009–2018 a vu le bassin arachidier du Sénégal se transformer en profondeur : les champs ont conquis des pans entiers de savane, refaçonnant le paysage rural historique de cette région-clé. Cette mutation, bien qu’encore en faveur d’une agriculture extensive, s’est déroulée sans conflits majeurs avec l’urbanisation – un contraste avec de nombreux autres pays où la ville grignote les terres agricoles.
Le cas du bassin arachidier illustre l’urgence de repenser l’aménagement du territoire rural : il s’agit d’éviter que la poursuite de l’extension agricole ne se fasse au prix d’une disparition totale des espaces naturels, tout en préparant une transition vers un développement plus intensif et durable de l’agriculture sénégalaise. Ce défi conditionne la sécurité alimentaire et l’équilibre environnemental du Sénégal pour les années à venir. [1]
Sources & références
- [1] Faye, B.; Du, G. Agricultural Land Transition in the “Groundnut Basin” of Senegal: 2009 to 2018. Land 2021, 10(10), 996.
- [2] NASA LP DAAC. MODIS Land Cover (MCD12Q1) Product User Guide & Data Set. Version 6/6.1, Terra/Aqua.
- [3] ANSD (Sénégal). Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2013 (RGPHAE 2013).
- [4] FAO. FAOSTAT Database (agriculture, inputs, outputs).
- [5] World Bank. World Development Indicators (agriculture, inputs; fertilizer, mechanization).
- In Senegal, Farmland Expands as Savannah Shrinks
- In 2021, researchers Bonoua Faye and Guoming Du published a study in the journal Land examining how land use changed in Senegal’s “Groundnut Basin” from 2009 to 2018. Using satellite imagery and statistical data, they found that cultivated farmland grew dramatically (+14.5%) at the expense of natural grasslands (about –11%), while urban areas expanded only modestly (+2.8%). This land transition, concentrated in Senegal’s west-central peanut-growing region, highlights the challenges of an extensive farming model amid population growth and mild urban pressure. The authors call for better land-use planning and policy to ensure a sustainable balance between agricultural expansion and ecosystem preservation. [1]
- An Agricultural Heartland Under Scrutiny
- Stretching across the heart of Senegal, the Groundnut Basin is the country’s primary agricultural zone. It covers five administrative regions (Diourbel, Thiès, Kaolack, Fatick, Kaffrine) that together contain the vast majority of Senegal’s arable land. Official figures show this basin accounts for 70% of the nation’s arable land and was home to about 6.4 million people in 2013, reflecting a high rural population density. The landscape is dominated by a patchwork of peanut, millet, and maize fields interspersed with fallow grasslands and savannah. Traditional cereal-legume crop rotations prevail, indicative of an extensive, low-input farming system. [1]
- To analyze how this agricultural heartland has evolved over the past decade, Faye and Du combined satellite and socio-economic data. They obtained four MODIS satellite land-use images (from NASA/USGS) for the years 2009, 2012, 2015, and 2018, classifying the terrain into cropland, natural vegetation (grassland savannah), built-up urban areas, and permanent wetlands. These geospatial insights were cross-referenced with national statistics from Senegal’s Agency of Statistics and Demography (ANSD) to incorporate rural population data, as well as with World Bank and FAO agricultural indicators (e.g., fertilizer use, yields) for context. This comprehensive approach allowed the researchers to quantify land-use changes across a total area of 34,964 km² and identify major trends (see Figure 1 below). [1][2][3][4][5]
- Figure 1: Land use area in Senegal’s Groundnut Basin (2009–2018, in km²) [1]
- As Figure 1 shows, farmland and grassland overwhelmingly dominate land use in the Groundnut Basin. In 2009, cultivated fields (mostly peanuts and grains) covered about 14,570 km², whereas grassy savannah and fallow lands spanned 18,656 km². Urban settlements were minimal (only 172 km² in 2009, or 0.5% of the area) and confined to regional towns. This baseline highlights an extensive agricultural landscape with a minimal urban footprint. [1]
- Farmland on the Rise, Savannah on the Retreat
- Between 2009 and 2018, the Groundnut Basin experienced a remarkable expansion of cultivated land, mainly at the expense of natural vegetation. According to Faye and Du, land under crops grew from 14,569 km² to 16,687 km², a net gain of about 2,118 km² in nine years. This represents a +14.5% increase in farmland area over the period. In mirror image, grassland savannah cover shrank by roughly 11.2%, dropping from 18,656 km² to 16,566 km². Essentially, swaths of fallow and bushland have been converted into new crop fields. By 2018, for the first time, cropland slightly exceeded grassland in extent (16,687 km² vs. 16,566 km²), signaling a tipping point in the rural landscape toward agriculture. [1]
- The researchers note that the pace of agricultural expansion fluctuated over sub-periods. From 2009 to 2012, during a run of good harvests, cultivated area jumped by +6.7% – nearly 1,000 km² of savannah gained – thanks in part to a boom in peanut farming spurred by favorable rainfall and renewed agricultural investment. Between 2012 and 2015, expansion stalled (+2.4%) as climate conditions became less favorable and yields plateaued. Finally, 2015 to 2018 saw a rebound (+4.9%), with another 772 km² brought under cultivation. Overall, the trend remained upward, yielding a dynamic index of 1.45 over the decade. In practical terms, if this pace continued, the Basin’s cultivated area could double in about 20 years (around 2028). Such a scenario raises sustainability concerns, as continuous expansion cannot come at the cost of natural ecosystems indefinitely. [1]
- On the grassland side, the loss of area was accompanied by internal land-use shifts. The study found that some savannah was not only converted to cropland but also to water bodies and wetlands in low-lying zones (over 15 km² of grassland was inundated or built over from 2009 to 2012). Conversely, toward the end of the period, certain drying marshes reverted to grass cover (about 11 km² of wetlands turned back into grassland between 2015 and 2018). These dynamic exchanges illustrate a complex evolution of natural areas, driven by year-to-year climate variability. Nevertheless, the dominant trajectory is a decline of savannah vegetation, directly correlated with the spread of farming. [1]
- Mild Urban Growth – Except Around Thiès
- Despite significant rural population growth in the Groundnut Basin, urban land take remained surprisingly limited over the study period. In 2009, built-up areas (villages and towns) covered 172.5 km². By 2018, they reached 177.3 km². This increase of just 4.8 km² equals a mere +2.8% growth in urban footprint over nine years – a much slower rate than agricultural expansion. In other words, urbanization contributed only marginally to land-use change in the Basin recently. The study finds that no significant urban encroachment on farmland has occurred so far, with the notable exception of the Thiès area. [1]
- Indeed, the Thiès region (at the western edge of the Basin, near Dakar) saw the only marked urban growth. Between 2009 and 2018, built-up land in Thiès expanded by about +4.0 km², from ~50.7 to ~54.7 km² (+7.9%). This peri-urban spread around the cities of Thiès and Mbour accounts for virtually all the Basin’s urban increase. Elsewhere, urban land remained nearly static. Diourbel region recorded only a slight +0.9% uptick in built area, and Fatick +0.8% – just a few hectares added, corresponding to natural growth of existing villages. In Kaolack and Kaffrine, the built footprint contracted slightly (−0.17% and −0.61%, respectively). Paradoxically, some settlements shrank as rural depopulation led to the abandonment of villages, which were subsequently reclaimed by vegetation or repurposed as fields. Formerly inhabited areas in Kaolack and Kaffrine have been deserted and reverted to fallow. Thus, outside of the Thiès urban node, the Basin’s rural space still overwhelmingly dominates, and urbanization has not yet placed significant pressure on farmland. [1]
- Kaffrine Leads the Agricultural Boom
- Regional breakdown reveals that the growth of cultivated land was uneven across the Basin. Kaffrine region stands out: it experienced the most significant surge in farmland, with +1,337.9 km² added (+22.8%) from 2009 to 2018. Created in 2008 (carved out of Kaolack), Kaffrine has asserted itself as a new agricultural frontier, benefiting from programs to bring fallow land under production. Diourbel ranks second, with a +19.5% increase in cropland, despite a slow start (Diourbel saw a slight dip in cultivated area from 2009 to 2012 before rebounding past its initial level). Next come Fatick (+9.7%), and much further behind Kaolack (+3.8%) and Thiès (+2.5%), where farmland barely expanded. Table 2 below summarizes these regional farmland trends between 2009 and 2018. [1]
- Figure 2: Cropland area by region in the Groundnut Basin (2009–2018) [1]
- Kaffrine thus emerges as the region under the highest agricultural land pressure, with over 1,300 km² of savannah converted to fields. Several factors explain this boom: ample rainfall, increased fertilizer use by local farmers, and government initiatives encouraging the cultivation of idle lands. Diourbel, after an initial dip, also saw robust farmland expansion (+19.5%). This region, home to the city of Touba and a dense rural populace, benefited from a wave of clearing in the later part of the decade, making up for early losses. Fatick experienced more modest growth (+9.7%), while Kaolack – historically a groundnut heartland – appears near saturation (+3.8%). Finally, Thiès brings up the rear (+2.5%), reflecting its more urbanized, diversified profile where agriculture’s share of land is relatively minor. [1]
- Figure 3: Cropland area variability and evolution by region in the Groundnut Basin (2009–2018) [1]
- Correspondingly, Kaffrine and Diourbel also have the steepest grassland declines. Savannah area in Kaffrine plummeted by 24.8%, and in Diourbel by 18.7%, directly mirroring farmland gains. Kaolack lost about 7.3% of its natural cover. Fatick saw a milder drop (only a few percent), thanks to the preservation of wetland prairies in the Saloum Delta. Thiès was the outlier: its savannah cover held virtually steady (+0.1%), with a slight uptick likely as some rice paddies or wetlands dried up and reverted to grass. In short, the most rural regions (Kaffrine, Diourbel) rapidly transformed in favor of farming, whereas areas with more urban presence (Thiès, Kaolack) saw relatively minor changes. [1]
- Balancing Agriculture and Land Management
- Faye and Du’s study highlights a Senegalese agriculture expanding in area to boost output, capitalizing on available land in the Groundnut Basin. This extensive model has raised production, but it now shows limits. Land pressure is mounting: the boundary between fields and savannah recedes each year, raising fears that remaining natural spaces could be exhausted. The authors stress that this dynamic is unsustainable without intervention. They urge land-use planning and land policy measures to avoid unregulated appropriation of the last natural areas. The goal would be to reconcile the need for greater agricultural yields with the conservation of pastoral and forest ecosystems that provide crucial services (grazing, biodiversity, climate regulation). [1]
- Moreover, the study reminds us that the currently modest urbanization should not obscure future challenges. Although towns in the Basin (outside Thiès) remained small as of 2018, population growth could accelerate rural exodus to urban centers in the coming decades. This would increase demand for land for housing and infrastructure, potentially at the expense of farmland. The authors therefore advocate anticipating future land use by guiding urban expansion to suitable zones while protecting high-value agricultural land. They also recommend modernizing farming practices to improve yields without continuously enlarging farmland. Introducing better cultivation techniques, sustainable soil management, and controlled irrigation are among the ways to intensify agriculture without expanding its footprint. [1][4][5]
- In conclusion, the 2009–2018 decade saw the Groundnut Basin’s landscape change profoundly: fields swallowed large tracts of savannah, reshaping this key region’s rural fabric. This transformation – still driven by extensive agriculture – has so far unfolded without major conflict with urbanization, a contrast to many countries where cities encroach on farms. The Groundnut Basin exemplifies the urgent need to rethink rural land management: to prevent continued agricultural expansion from erasing natural spaces, while preparing a transition toward a more intensive and sustainable agriculture in Senegal. Meeting this challenge is crucial for the country’s future food security and environmental balance. [1]
- [1] Faye, B.; Du, G. Agricultural Land Transition in the “Groundnut Basin” of Senegal: 2009 to 2018. Land 2021, 10(10), 996.
- [2] NASA LP DAAC. MODIS Land Cover (MCD12Q1) Product User Guide & Data Set. Version 6/6.1, Terra/Aqua.
- [3] ANSD (Sénégal). Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2013 (RGPHAE 2013).
- [4] FAO. FAOSTAT Database (agriculture, inputs, outputs).
- [5] World Bank. World Development Indicators (agriculture, inputs; fertilizer, mechanization).